De la réalité du métier d’agriculteur …
18 01 2011Il y a quelques jours de cela j’ai vu apparaitre un « buzz » sur internet à propos de la cessation d’activité d’Olivier B., vigneron en Ventoux.
J’ai décidé de participer à l’élan de solidarité qui a suivi pour tenter de lui redonner l’espoir ou la force de continuer.
Je n ai alors rien révélé de ce qui se passait dans le même temps chez nous, car nous n’avions pas fini de tout mettre en place, et qu’avant de l’annoncer publiquement, je voulais absolument prévenir personnellement ceux qui nous avaient fait confiance et qui comptaient sur nous (parmis eux,Antoine et & Gérard, merci, je vous serai toujours reconnaissante de votre confiance et fidélité …) .
Et puis, plus question de faire semblant, c est trop dur et il nous faut vous expliquer ce qui se passe ici …
Certains d’entre vous ont encore en tete une vision idyllique et romantique du métier d’agriculteur et particulièrement du vigneron, qui comme disait il n’ y a pas longtemps Iris , « vend du reve, du plaisir, de la joie ». Certes. Quand c’est encore possible,et que le reve n’est pas devenu cauchemar.
Que demande t on à un agriculteur aujourd’hui ? de faire de bons produits, sains, bio si possible, mais pas trop chers (il ne faut pas oublier la terrible concurrence étrangère, je pense notamment aux « huiles d’olive bio » espagnoles à 6 euros le litre … ), d etre transparent sur ses méthodes de travail ,de communiquer un maximum, ce qui suppose du temps investi à faire des visites d’exploitation, pourquoi pas de tenir un blog, et si c est le cas, tant qu’à faire, il faudra passer beaucoup de temps à le référencer et à l alimenter afin qu’il soit visible et devienne un véritable outil de communication ! pourquoi pas aussi faire un site internet ? de nos jours ,si ce n ‘est indispensable, c’est du moins » recommandé » ! idem pour les plaquettes ou flyers de communication. Oui mais si l on n’est pas graphiste, informaticien,etc … ? alors, ou on aura des frais ,plus ou moins importants, ou on bricolera à sa sauce des moyens de communication qui seront plus ou moins critiqués (je m en rappelle encore !) . De toutes façons, dès lors que l on crée un produit, il faut créer son habillage, sa présentation, personnelle et pertinente, du choix de la bouteille, du bouchon, de la capsule, du carton, au choix de l’étiquette. Une fois que l’agriculteur moderne (on est loin de l’image de l’homme à la casquette à carreaux avec la fourche à la main) a fait tout cela, on attend de lui qu’il aille dans les salons,les marchés,les « rencontres », serrer des mains, sourire, ce qu il n a pas toujours ni le temps ni l envie de faire quand on pense à tout le travail que repésente une exploitation sur le terrain. Car au milieu de ses activités de chargé de communication, de commercial, de comptable , l’agriculteur doit entretenir ses terres,ses cultures, et dans le cas de la vigne, c’est beaucoup beaucoup d’heures passées à la taille, les travaux de printemps, le travail du sol, les traitements,etc etc la liste est bien trop longue. Et le soir quand il rentre, il est souvent noyé dans sa montagne de papiers de MSA, des douanes, des AOC, ses cahiers de drm, ses déclarations de ci et ça à faire, sa comptabilité à tenir, ses déclarations de tva, etc etc …
Et au final, l agriculteur est supposé faire vivre sa famille … C’est la que ça se complique.
Charges MSA,augmentation fulgurante ces dernières années du cout des matières premières, impossibilité de prendre en compte toutes ses heures de travail (sinon la bouteille de vin passe subitement de 6 à 60 euros !) , crédits , de plus en plus conséquents, rendus inévitable par l’absence de trésorerie … Comptes bancaires à découverts, angoisses devant les factures impayées qui s’accumulent , insomnies … Et voila le début d’un cercle vicieux qui va sans cesse tourner et retourner dans la tete.
La fatigue augmente au fil des mois et des soucis, finalement le travail se fait moins bien, car on n est pas en train de parler d’un travail « cool », comme j en ai entendu certains me le dire, (« ah, vous etes cool, vous ici » !) , mais bien d’un dur labeur, long et fastidieux, à chaque saison répété, pénible physiquement , et extremement solitaire. Et quand on ne peut plus se verser de salaire … C’est encore plus difficile.
Et voila comment, ces vignes chéries, que j’ai tant aimé, ou j’ai passé tant d’heures, heureuses pour la plupart,mais toutes harassantes, voila comment je me suis réveillé un matin en les maudissant, en regrettant presque de ne pas avoir écouté (n est ce pas Yann ?) ceux qui me mettaient en garde contre ce métier. Et finalement,c’est comme une histoire d’amour, il vaut mieux alors s’arreter avant que cela ne finisse trop mal, et quand des solutions sont encore envisageables …
Et puis, au dela d’un contexte économique devenu trop lourd, , il y a aussi les mauvaises rencontres, celles qui vous dégoutent à tout jamais de vouloir aider des gens à s’installer, celles qui vous décoivent au plus profond de vous meme et vous assènent sur la tete le dernier coup dont vous vous seriez bien passé …oui, Isabelle , tu n as que trop raison, tout le monde n est pas beau et gentil, et le monde du vin, c est pas les Bisounours, à 30 ans je viens enfin de le comprendre.
Nous avons donc décidé, pour notre salut, de suspendre l’activité « vigne » du Clos romain, de la mettre entre parenthèses, sans fermer la porte d’un possible retour, mais pas avant quelques années. Romain va retrouver le chemin de sa formation intiale -juriste- et quant à moi je conserve l’activité oliviers, gites, et pour mon plaisir 3 petites parcelles que je continuerai à vinifier, seule, et en amphores. Ce sera surement un vin plus personnel que jamais, issu de vignes entièrement travaillées à la main, et soignées comme je ne pouvais pas, par manque de temps, le faire avant : ces vignes vont etre en quelque sorte mon « jardin » !
Mais il ne s’agira que d’une toute petite quantité de bouteilles …
Concernant les vins, il y a donc pour vous deux millésimes de PATIENCE & PHIDIAS, le 2009 sera commercialisé dès février et le 2010 l’ an prochain, un millésime de SOIR D HIVER, commercialisé ce printemps, et cette surprise que je vous reservais, ce 4e rouge, que je commercialiserai en 2013, car je le laisse vieillir …
Je veux terminer ce billet par une note d’optimisme malgré tout, aujourd’hui beaucoup de souvenirs s’en vont avec le tracteur vigneron que nous vendons, des bons comme des mauvais, mais nous esperons ainsi faire vivre mieux le reste du domaine, et péparer un avenir meilleur pour nous et surtout pour nos enfants.
J’ajoute à ce billet, c est important : nous ne sommes pas les seuls, loin de la, l agriculture est en crise, bien plus qu on ne le dit, car cela n interesse plus personne. Nous sommes des milliers à travailler sans salaire ou presque, beaucoup d agriculteurs perçoivent le rsa, ou vivent grace au salaire du conjoint qui travaille au dehors. C ‘est cette situation qu il faut dénoncer ! car un pays sans agriculture, serait ce possible ?














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Céline au coeur si sensible … moi je sais ce qui t’as finalement fait plier et je trouve ça encore plus triste … oh je sais comme tu t’es épuisée dans ton travail, mais je sais aussi quelle force tu as et quelle ténacité tu peux avoir … je ne connais pas ton Romain mais j’ai vu tout ce que tu as fait , ton blog, ton site, ton vin, et … bientot ton livre ? ce serait le moment de nous le sortir, non ? Je t’embrasse bien fort , continue, on est tous derrière toi , et on ne veut rien boire d’autre que du clos romain !
Ce soir je me disais en regardant votre site que je n’avais pas encore goûté le Les Sorcières du Clos des Fées 2008 que j’ai dans ma cave. Votre billet me laisse sans voix car je trouve que l’on marche sur la tête et que l’on encourage pas les travailleurs à se lancer dans ce fichu pays…dommage pour vos flyers ou documents pubs car j’aurai volontiers pu vous aider gracieusement même si j’habites à Reims. Je penserai à vous en dégustant les sorcières qui j’espère jetterons un mauvais sort à l’administration française…bon courage. Si besoin de pub, n’hésitez pas.
Encore une bien triste nouvelle. La raison est plus forte plutôt que de mettre plus en danger la famille. Je vous souhaite de trouver le moyen de rebondir rapidement et de faire un métier qui vous plait…
Sincèrement avec vous.
Bonjour à tous les 3,
Un peu triste de cette nouvelle car j’avais pris beaucoup de plaisir à déguster vos vins mais l’important reste tout de même la viabilité économique de l’exploitation. Cette mise en parenthèse laisse une fenêtre d’espoir et je ne doute pas en vos capacités à reprendre le travail de la vigne.
Septime
En espérant que cette décision sage ne sera que temporaire (vous êtes jeunes) et vous permettra de retrouver un équilibre si important pour apprécier correctement et simplement la vie. J’ai déjà entendu souvent ce discours chez les vignerons qui galèrent devant cette multitude de compétences qui sont nécessaires actuellement pour faire ce métier. Je crois que l’an dernier (2010) les Chambres d’Agriculture n’ont pas enregistrés d’installation de jeunes vignerons dans notre beau Languedoc Roussillon. J’ai bien peur que notre région ne devienne sous peu qu’une vaste pleine dédiée au tourisme et au béton des lotissements. Bon courage pour cette nouvelle vie.
Pas facile ce métier de vigneron dans nos régions…et cette sinistrose ambiante ne nous aide pas beaucoup…Quand on voit des voisins qui arrêtent, on se demande s’ils ont vraiment raison, si on ne devrait pas faire comme eux avant de « bouffer » la baraque! Alors on s’accroche, sûrement un peu par folie…Pas mal de nuits blanches à compter et recompter…Et puis, moi, j’ai appris à vivre le jour le jour…je ne veux pas angoisser Bruno qui est tellement inquiet. Alors je prends sur moi…
C’est vrai que les enfants ont du supporter tout ça…Aujourd’hui, Thomas qui est en prépa pour intégrer les grandes écoles d’ingénieurs, n’a qu’une idée en tête: gagner beaucoup d’argent pour gâter sa maman… Ce sont du coup, des enfants humbles et fiers de leurs origines, réalistes mais combatifs. Et j’en suis très fière!!
Je comprends votre choix, et ne peux que le comprendre d’ailleurs. On se demande toujours si arrêter, c’est faire preuve de courage ou si c’est de continuer…
Bref, vous êtes tout jeunes et cela aura été une belle expérience…
Comme dis Iris, tu continueras à faire du vin, pour ne pas oublier!!!, et surtout pour gâter tes hôtes!
Celine, Romain, Matthias,
Quand un après-midi de septembre 2009 on s’est assis à la table du gîte avec en main différents assemblages de la première cuvée de soir d’hiver afin de vous donner notre avis sur le choix à faire, on ressentait cette excitation de l’aventure débutante. Sans doute un peu de cette vision idyllique dont tu parles, Céline.
Quand quelques jours plus tard, les mains dans le raisin presque jusqu’au coude, on s’acharnait à extirper chaque éléments de verdure ayant tenté de s’insérer dans la cuvée 2009, c’était un peu comme si c’était « notre vin ».
Depuis on lisait la suite de vos aventures avec un intérêt constant et on continuait de croire au rêve.
Alors ce soir, quand je prends connaissance de cette décision, forte, courageuse et certainement pleine de sens, ce n’est pas la vigne qui saigne mais mon coeur. C’est aussi un gout amer en bouche, une boule à l’estomac. De l’idylle on est passé au cauchemar. Putain de vi(gn)e!
Mais ce que je vois aussi c’est une belle et jeune famille. Un petit garçon pour qui ses parents veulent préserver un avenir et ce dans un environnement qui est une richesse sans prix.
Alors oui cette chienne de vie vient de vous faire un tête à queue mais elle vous réservera encore de très belles choses j’en suis sûr. Parce que vous êtes avant tout des battants et surtout, sans plagiat aucun, parce que vous le valez bien! Et des vraies valeurs! De celles dont le monde aujourd’hui a besoin, mais ce monde ne le sait pas (encore).
Je vous envoie plein d’énergie (verte:-) et surtout, avec Virginie, on pense à vous très fort. Continuez à accueillir les gens dans vos gîtes, à faire de l’huile de super qualité et à mettre l’amour avant tout le reste.
Affectueusement
Jean
Céline,
A une heure déjà tardive, mes propos ne seront pas aussi littéraires et beaux que les autres réactions que je viens de lire. Ce sont tellement de choses qui émergent en lisant votre décision. Nous suivions à distance tous vos beaux projets, heureux de voir que tout cela prenait une forme vraiment intéressante. Les facettes commerciales et webmaster du métier de l’agriculture/trice moderne semblaient ne connaître aucun secret pour toi. Malgré cela, et toute la volonté qu’on y met, la réalité est là. Ces talents, heureusement, tu continues à les mettre au service de tes rêves, ceux qui sont aujourd’hui encore possibles. Mais ces 3 petites parcelles montrent bien qu’au delà du possible d’aujourd’hui, il y a un autre champ des possibles, encore inconnu…un peu utopique.
Dans 6 mois, Flo s’installe…comme maraîcher et viti… alors bien sûr, votre expérience bouscule. Celle-là, tout comme, tu le dis si bien, la situation de milliers d’autres. Ceux qui n’ont pas la diversité pour les sauver, ceux qui n’ont pas de sortie de tunnel en face… Il faut continuer à agir individuellement, par nos choix de consommations, mais aussi collectivement pour que les politiques publiques permettent à une agriculture de proximité, saine pour la planète et les hommes, d’être, tout simplement.
Je t’embrasse, toi et tes hommes que je ne connais pas!
Je viens juste de commence, même pas un an et mais j’ai commencé sans vision idyllique, mais c’est encore plus difficile que je ne le pensais. Effectivement les prix ne montent pas malgré les arrachages, mais la surproduction mondiale est toujours présente et un marché en surproduction est un marché qui doit s’assagir, globalement ce sont les moins qualitatifs qui vont disparaitre, mais aussi les plus fragiles (bon ou pas, gros ou petits).
Mais il y a un espoir ; des pays entier comme l’Australie vont disparaitre de la carte des producteurs (sècheresse), la production espagnole baisse fortement et la demande mondial remonte doucement. La pression sur les terres agricole pour des productions vivrières (car la vin on peut s’en passer pour nourri la planète) , va faire revenir des viticulteurs aux céréales (je pense à certaine zone de sancerre ou du beaujolais…).
je vous le dis il va manquer de vin dans 3 à 5 ans.
Mais votre décision montre aussi les limites d’uns monoculture
Voilà qui me désole. Je commençais à faire votre connaissance et j’avais hâte de faire la connaissance de vos vins. Nous en aurons pour quelques années, ce qui nous permettra de penser à vous. J’ose espérer que vos entreprises prendront du mieux et que vous pourrez redémarrer vos activités à la vigne. Entretemps, je vous souhaite du bonheur et de la tranquillité. Daniel Gourd
Les bras m’en tombent… On commence à parler d’une époque où le courage, l’abnégation et un peu de talent (seulement) suffisaient à maintenir à flot une exploitation, à permettre à ses occupants de vivre, même chichement, en pleine conscience qu’il ne faut pas en attendre davantage, que le salut est dans ce chemin quotidien plus que dans une destination future. Ce temps-là c’était hier.
Aujourd’hui, l’économie balaie sur son passage tout ce qui n’est pas conforme aux schémas enseignés dans les grandes écoles de gestion. Au point même que l’administration ne parvient plus à comprendre un « choix de vie » là où à ses yeux rien d’autre qu’une volonté de s’enrichir ne peut exister. Combien de « bugs » survivants face à ce système existe t-il encore? Combien devront encore se résigner comme Céline, Romain, Olivier?
Moi non plus je ne pense pas que leur nombre soit anecdotique, et si c’est vrai, ça n’est plus marginal et ça reflète un problème bien plus vaste et grave dont l’ensemble de la société humaine doit s’occuper. Vite.
Céline, Romain, Iris a raison, 30 piges c’est le bel âge.
Le bel âge pour faire la révolution, le bel âge pour être heureux.
La tête haute et le regard vers l’horizon.
Soyez assurés de mon amitié, mon respect, mes regrets.
Merci de vos messages et attentions, cela nous réchauffe le coeur et Iris c’est avec joie que je découvrirai tes nectars (depuis le temps que je le dis !) , Mathias, votre témoignage me touche d ‘autant plus que vous portez le prénom de mon fils ;) , je vous souhaite beaucoup de courage également pour la suite .
Bonjour,
C’est tellement triste et tellement vrai…Le romantisme des débuts laisse peu à peu place aux difficultés quotidiennes. S’installer comme vous l’avez fait, et comme nous le faisons içi est très délicat, tout est résumé dans votre post. des témoignages comme le votre nous font très peur car nous ressentons les mêmes choses que vous. La multiplicité des taches, le rythme effréné et l’intransigeance des clients sont très durs à supporter.
Je vous souhaite de tout coeur de résussir votre « Arrêt au stand », de vous remettre sur pied pour retrouver les petits bonheurs de ce métier…
Très chaleureusement,
Mathias-jeune vigneron à Bergerac
@David : c’est très gentil mais comme je le disais tout à l heure, nous n’attendons pas d’aide, si gentille soit elle,car notre décision est ferme et très réfléchie, c est une décision de sagesse, pour sauver le lieu magnifique ou nous avons la chance de vivre, pour sauver le reste de l’exploitation, et c’est aussi une décision d’amour, pour le bien etre de notre famille (et de nos familles). Mais il faut mettre en lumière ces difficultés, pour tous les agriculteurs et en particulier les vignerons , pour qui le quotidien est souvent très dur !
Votre retour est des plus tristes pour vous et pour l’avenir de la viticulture. Surtout quand le problème semble être « structurel » et non pas temporaire.
Avez vous une idée pour améliorer la situation ? Au niveau général j’entend car pour vous j’ai l’impression que vous avez déjà tranché.
c’est un constat amer, mais que l’on palpe en visitant les vignerons, meme s’ils n’en parlent pas toujours, par pudeur surement…
beaucoup de vignerons dans le bojo, le languedoc, partout, submerges par les contraintes…
alors la bloglouglou s’est rejouie d’avoir fait quelque chose pour olivier B, mais c’est un arbre qui cache une foret de desillusions…
evidemment si nous pouvons faire un petit quelque chose, nous sommes a disposition
bon courage!
encore une fois: tout est dit dans ton billet… la lassitude, qui s’installe avec les déceptions et qui se répercute sur le plaisir au travail – et qui brule l’énergie nécessaire, pour bien faire, tout en restant en bonne santé physique et mental – forcement cela nous mange… si vous avez la possibilité, de rester sur votre magnifique site, tout en gagnant l’argent nécessaire pour une jeune famille ailleurs, je pense que c’est une sage décision. Cultive tes parcelles comme du jardin, fais nous des petits bijoux, qui te rendront fière et aideront à garder le lien avec les passionnés du vin – et pense, qu’à 30 ans, la vie est encore devant toi, ses chemins sinueuses peuvent retourner – ou s’ouvrir sur d’autres aventures… et si cela te fais envie: j’échangerai volontiers quelques bouteilles de mes toutes petites quantités contre les tiens dans l’avenir:-). Comme cela, nous goûterons au fruit de nos rêves réciproques:-)…
Je comprends mieux maintenant ce que je pressentais sans trop oser y croire :-(
Je suis vraiment désolé pour vous qui avez sans doute tant investi dans ce projet! Si vous avez besoin d’un coup de main…même de loin ;-)
François
Chers vous trois,
Vous connaissez ma réaction que vous avez reçue en privé.
Laissez-moi juste, encore une fois, vous faire part de toute ma tristesse devant cette mauvaise nouvelle. Vous mettez votre rêve entre parenthèses. Est-ce que vous prenez la bonne décision ? Je n’en sais rien, et en tous les cas, ce n’est pas à nous de vous juger, ni de vous conseiller (les conseilleurs ne sont pas les payeurs dit on !).
Cela a été une décision très difficile à prendre, et elle demande beaucoup plus de courage que de continuer et de « foncer dans le mur » et risquer de perdre tout !
Mes amis sommeliers, cavistes et restaurateurs seront, comme nous, toujours présent dans le futur pour défendre des vignerons tels que vous, honnêtes, généreux et passionnés.
If it’s true that in this world nobody can tell what is going to happen in future, we believe in you!